{"id":8,"date":"2012-07-22T19:02:55","date_gmt":"2012-07-22T19:02:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.wazabizapto.org\/2016\/?p=8"},"modified":"2023-10-06T14:16:50","modified_gmt":"2023-10-06T14:16:50","slug":"le-matin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.wazabizapto.org\/2016\/le-matin\/","title":{"rendered":"1 &#8211; Le matin"},"content":{"rendered":"<p>Mon r\u00e9veil sonne \u00e0 6h30. Aussit\u00f4t, je me projette hors du lit, m\u00fb par une sorte de sursaut animal ; je tr\u00e9buche, boitille, et m&#8217;emm\u00eale dans les gracieux rideaux de perles m\u00e9talliques entourant la couche. Ceux qui me connaissent bien remarqueront que je ne m&#8217;administre pas m\u00eame les Deux Minutes de Sommeil Suppl\u00e9mentaires qui sont normalement mon d\u00fb, et qui ont cette facult\u00e9 de se transformer invariablement en deux ou trois heures de retard. Lorsque l&#8217;on travaille pour YY, c&#8217;est l&#8217;un des menus privil\u00e8ges auxquels il faut renoncer : l&#8217;exploitation commence d\u00e8s le saut du lit.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>H\u00e9b\u00e9t\u00e9, sans avoir encore gagn\u00e9 le plein contr\u00f4le de mes facult\u00e9s sensorielles ou motrices, je parviens \u00e0 trouver le chemin de la douche, ouvre l&#8217;unique robinet, mais demeure au sec le temps que l&#8217;eau chauffe, me souviens finalement qu&#8217;il faut d&#8217;abord allumer le chauffe-eau dans la cuisine, lutte avec ledit chauffe-eau qui est une machine diabolique con\u00e7ue par des pervers sadiques et s&#8217;obstine \u00e0 ne fournir, comme seule alternative \u00e0 l&#8217;eau glaciale, qu&#8217;un geyser de mati\u00e8re volcanique en fusion, et apr\u00e8s avoir tripot\u00e9 en vain les boutons du chauffe-eau pendant quelques minutes je maudis l&#8217;engin et toute sa cha\u00eene de production d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, et me r\u00e9signe \u00e0 une douche froide, qui a au moins le m\u00e9rite de me r\u00e9veiller quelque peu. J&#8217;enfile un t-shirt au hasard et un pantalon moins trou\u00e9 que les autres, et me pr\u00e9cipite au-dehors.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas encore 7h mais les rues du quartier de Sanlitun s&#8217;animent d\u00e9j\u00e0. Taxis klaxonnants, mototaxis \u00e0 trois roues et leurs cabines de fer blanc bringuebalantes, grands-m\u00e8res hardies arpentant la rue \u00e0 reculons en frappant dans leurs mains, l&#8217;air grave et impassible (c\u2019est excellent pour la sant\u00e9, comme chacun sait). Sur mon vieux v\u00e9lo de course au p\u00e9dalier grin\u00e7ant, je me faufile au milieu de la circulation, t\u00e2chant d&#8217;allier vitesse et survie. Le bus n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 une dizaine de minutes de l\u00e0, mais il s&#8217;agit de ne pas le manquer en se faisant b\u00eatement \u00e9craser.<\/p>\n<p>J&#8217;attache ma monture dans le grand parking \u00e0 v\u00e9los situ\u00e9 pr\u00e8s de la sortie nord de la station de m\u00e9tro Agricultural Exhibition Center. Les feux rouges ont \u00e9t\u00e9 cl\u00e9ments, je dispose de quelques minutes d&#8217;avance. J&#8217;ach\u00e8te une cr\u00eape aux \u0153ufs garnie de salade et d&#8217;une viande grill\u00e9e inconnue aupr\u00e8s du stand mobile de petit d\u00e9jeuner qui surgit en ces lieux tous les matins \u2013 mari et femme, tabliers salis, joues rouges et mani\u00e8res d&#8217;habitants de la campagne, accent pittoresque. Le matin est doux, le ciel azur, le soleil caresse de rayons dor\u00e9s les v\u00e9los les arbres et le flot des voitures qui bouchonnent d\u00e9j\u00e0 sur le troisi\u00e8me p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n<p>Le grand bus blanc est l&#8217;un des cinquante de son genre sp\u00e9cialement affr\u00e9t\u00e9s par YY pour assurer le transport de ses employ\u00e9s ; chacun d&#8217;eux part d&#8217;un endroit sp\u00e9cifique de P\u00e9kin, et suit un parcours qui lui est propre. Celui-ci commence sa route pr\u00e8s du parking \u00e0 v\u00e9los.<\/p>\n<p>J\u2019y grimpe avec ma cr\u00eape. Une poign\u00e9e de coll\u00e8gues inconnus ont d\u00e9j\u00e0 pris place. Derri\u00e8re le volant, le chauffeur Ma m&#8217;ignore superbement ; il est \u00e9pais, bedonnant, le visage maussade et carr\u00e9 d&#8217;un Chinois du nord-est. Je ne le salue pas non plus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lundi matin, mon premier jour, comme j&#8217;entreprenais de monter \u00e0 bord v\u00eatu de mon plus beau costume-cravate \u2013 c&#8217;est-\u00e0-dire, mon unique costume-cravate, qui me fait les \u00e9paules carr\u00e9es et les jambes maigres \u2013 le chauffeur Ma n&#8217;en a pas cru ses yeux ; sous pr\u00e9texte que je n&#8217;avais pas la carte de transport de l\u2019entreprise, il m&#8217;a bout\u00e9 hors du bus avec le fanatisme impitoyable de ceux qui rencontrent quelque difficult\u00e9 le matin avant d&#8217;\u00eatre bien r\u00e9veill\u00e9s (ce dont mon chauffe-eau a souvent fait l&#8217;exp\u00e9rience).<\/p>\n<p>Pendant les deux jours suivants, apr\u00e8s mon obtention de la carte en question, j&#8217;ai eu droit de la part du chauffeur Ma \u00e0 un traitement de faveur \u2013 grognements de bonjour et d&#8217;au-revoir, quelques hochements de t\u00eate, sans doute pour se faire pardonner son intransigeance. Mais par la suite, ma pr\u00e9sence se r\u00e9p\u00e9tant jour apr\u00e8s jour (sans plus de costume-cravate), le chauffeur Ma a cess\u00e9 de me pr\u00eater attention ; je suis devenu partie de sa routine. Et surtout, un <em>laowai <\/em><a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><em> <\/em>pas m\u00eame capable de se payer sa propre voiture pour aller au travail est-il digne du moindre respect ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 7h05, nous partons.<\/p>\n<p>Au gr\u00e9 des arr\u00eats, le bus se remplit peu \u00e0 peu d&#8217;autres employ\u00e9s de YY, jusqu&#8217;\u00e0 \u00eatre compl\u00e8tement bond\u00e9. Travailleurs et travailleuses ont l&#8217;apparence jeune, malingre et docile de <em>xiao bailing <\/em><a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a> sous-pay\u00e9s. Nul ne souffle mot ; beaucoup poursuivent leur nuit sur les si\u00e8ges propres mais \u00e9triqu\u00e9s du bus, qu&#8217;on ne peut incliner sans broyer les rotules du passager derri\u00e8re soi. Le bus me semble un grand tombeau roulant, dont le silence n&#8217;est troubl\u00e9 que par le souffle lourd de la climatisation, et les coups de klaxons maussades du chauffeur Ma.<\/p>\n<p>Le trajet est long de 35 kilom\u00e8tres ; nous le parcourons chaque matin en une heure et vingt minutes. J&#8217;irais aussi vite \u00e0 v\u00e9lo, si d&#8217;aventure j&#8217;\u00e9tais assez fatigu\u00e9 de vivre pour vouloir p\u00e9daler trois heures par jour dans ces art\u00e8res bouchonn\u00e9es, satur\u00e9es de hargne automobile et de monoxyde de carbone.<\/p>\n<p>Partis du centre-est de la ville, pr\u00e8s du parc de Chaoyang, nous nous rendons dans la grande banlieue nord-ouest, en rase campagne. Travers\u00e9e int\u00e9grale de P\u00e9kin.<\/p>\n<p>Je hais cordialement et les levers matinaux, et les longs trajets en bus. Mais je n\u2019ai gu\u00e8re le choix : l&#8217;alternative ind\u00e9pendante, via m\u00e9tro et bus, est encore plus d\u00e9sagr\u00e9able. Et \u00e0 tout le moins, ce temps de trajet me permet d&#8217;\u00e9couter enfin les <em>podcasts<\/em> en chinois auxquels je m&#8217;\u00e9tais toujours promis de pr\u00eater une oreille attentive ; j&#8217;enrichis donc mon vocabulaire d&#8217;expressions utiles :<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Ce sont des canailles sans scrupule, et je les m\u00e9prise\u00a0\u00bb ;<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Conclure une union matrimoniale avec une tribu nomade pour s&#8217;assurer de son amiti\u00e9\u00a0\u00bb ;<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Immigration d&#8217;investissement\u00a0\u00bb ;<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Jouer avec de la p\u00e2te \u00e0 modeler\u00a0\u00bb ;<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>et ce matin :<em> <\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0Plus nombreux que les poils d&#8217;une vache.\u00a0\u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, nous quittons l&#8217;autoroute Jing-Zang, qui m\u00e8ne tout droit vers les hauts-lieux du tourisme de masse de la Grande Muraille. Nous sommes cern\u00e9s de b\u00e2timents trapus et n\u00e9glig\u00e9s, dont aucun n&#8217;est haut de plus de trois \u00e9tages ; traversons quelques villages d\u00e9cr\u00e9pits, dont toute l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique semble se r\u00e9sumer au recyclage de cartons et de mati\u00e8res plastiques ; et bient\u00f4t, alors que non loin de l\u00e0 se dessinent les Collines parfum\u00e9es, couronn\u00e9es d&#8217;une petite pagode \u00e9carlate, nous atteignons le YY Software Park.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>YY est l&#8217;une des plus grandes compagnies de logiciels de P\u00e9kin. Elle est sp\u00e9cialis\u00e9e dans la conception de programmes ERM, c&#8217;est-\u00e0-dire de gestion d&#8217;entreprise. Son nom, tel qu&#8217;\u00e9crit en chinois, peut se lire tant\u00f4t comme une version de l&#8217;anglais <em>user-friendly<\/em>, tant\u00f4t comme \u00ab\u00a0faire usage de ses amis\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Nous nous trouvons dans cette vaste zone p\u00e9ri-urbaine qui a re\u00e7u le sobriquet de \u00ab\u00a0<em>Chinese Silicon Valley\u00a0\u00bb<\/em>. Comme on pourrait s&#8217;y attendre, la grande majorit\u00e9 des firmes implant\u00e9es l\u00e0 appartiennent au secteur de l&#8217;informatique et des nouvelles technologies. Cependant, au contraire de sa prestigieuse homonyme californienne, l&#8217;innovation caract\u00e9ristique de cette <em>Silicon Valley<\/em> r\u00e9side principalement dans la d\u00e9couverte de nouvelles mani\u00e8res de copier la technologie invent\u00e9e ailleurs dans le monde, plus rapidement et mieux que les coll\u00e8gues de l&#8217;entreprise d&#8217;\u00e0-c\u00f4t\u00e9.<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a><\/p>\n<p>Le YY Software Park est un groupe de b\u00e2timents modernes et tous rigoureusement semblables, brique grise et grandes baies vitr\u00e9es, reli\u00e9s les uns aux autres par des passages incompr\u00e9hensibles et labyrinthiques. Au-dedans, les bureaux se d\u00e9clinent en une infinie succession d&#8217;espaces de travail \u00e9quip\u00e9s de petits ordinateurs noirs, derri\u00e8re lesquels sont assis des multitudes d&#8217;informaticiens ch\u00e9tifs et fatigu\u00e9s.\u00a0Mes d\u00e9placements solitaires m\u2019\u00e9voquent souvent le <em>Brazil <\/em>de Terry Gilliam, ou encore le ch\u00e2teau kafka\u00efen\u00a0; je me perds r\u00e9guli\u00e8rement dans les couloirs, ne parvenant pas \u00e0 retenir le num\u00e9ro \u00e0 neuf chiffres d\u00e9signant l&#8217;espace de travail qu&#8217;on m&#8217;a assign\u00e9. Une porte sur deux ne s&#8217;ouvre que par le biais d&#8217;un passe magn\u00e9tique qu&#8217;on refuse de me confier, ce qui n&#8217;arrange pas les choses.<\/p>\n<p>En ext\u00e9rieur, l&#8217;architecture du lieu aurait toutefois pu \u00eatre pire. Plusieurs passerelles entre les bureaux sont am\u00e9nag\u00e9es \u00e0 la mani\u00e8re de terrasses en plein air, avec planchers, tables et chaises depuis lesquelles on peut contempler la v\u00e9g\u00e9tation du parc \u2013 ce qui fait ressentir d&#8217;autant plus cruellement l&#8217;absence du moindre verre de pastis dans les environs. Aussi loin que porte le regard, tout n&#8217;est que pelouses, arbres et buissons divers, \u00e9tang artificiel \u00e0 la chinoise travers\u00e9 de petits ponts de bois. On ne manque ni de verdure, ni d&#8217;oxyg\u00e8ne. Le printemps est doux, et le vent a chass\u00e9 la pollution la plus visible vers le sud.<\/p>\n<p>On se prend \u00e0 songer avec respect aux efforts massifs de plantation d&#8217;arbres au nord de la capitale, qui perdurent depuis de nombreuses ann\u00e9es, et gr\u00e2ce auxquels la ville \u00e9chappe d\u00e9sormais presque compl\u00e8tement au fl\u00e9au de cette saison \u2013 les terribles temp\u00eates de sable venues du d\u00e9sert de Gobi. Puis on se rappelle que cette muraille arboricole est plant\u00e9e par des gens \u00e0 peu pr\u00e8s aussi d\u00e9munis que ceux ayant b\u00e2ti sa cousine de pierre et de terre battue, au sommet des collines voisines, au fil de si\u00e8cles et de si\u00e8cles de labeur d&#8217;esclave.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je prends mon petit d\u00e9jeuner dans l&#8217;une des deux vastes cantines am\u00e9nag\u00e9es au rez-de-chauss\u00e9e. Elles sont englouties aux heures strat\u00e9giques dans des foules compactes et affam\u00e9es, issues des 5000 personnes travaillant pour YY sur ce site. Nous nous pr\u00e9cipitons de-ci, de-l\u00e0, munis de nos plateaux, baguettes et cuillers, dans un chaos indescriptible, r\u00e9gi par l&#8217;un des instincts fondamentaux r\u00e9gissant la vie en Chine continentale : \u00ab\u00a0Vite, il m&#8217;en faut, avant que les autres aient tout pris !\u00a0\u00bb C\u2019est un principe que l&#8217;on retrouve \u00e0 l&#8217;\u0153uvre dans de nombreux situations courantes \u2013 prenant le bus ou le m\u00e9tro (\u00ab\u00a0Vite, toutes les places vont \u00eatre prises !\u00a0\u00bb), mariage des jeunes femmes (\u00ab\u00a0Ma fille, je vais te trouver un mari cette ann\u00e9e, sinon tu resteras seule toute ta vie !\u00a0\u00bb), etc.<\/p>\n<p>Et de fait, il suffit d&#8217;arriver au r\u00e9fectoire une simple demi-heure apr\u00e8s l&#8217;heure de pointe, et d&#8217;avoir \u00e0 se rabattre sur quelques piteux restes de choux, pour comprendre le bien-fond\u00e9 de cette logique.<\/p>\n<p>Mais supposons que l&#8217;on se pr\u00e9sente suffisamment t\u00f4t, comme moi ce matin. La ch\u00e8re est go\u00fbteuse et vari\u00e9e ; je d\u00e9vore une \u00ab\u00a0cervelle de tofu\u00a0\u00bb avec quelques beignets et autres raviolis, accompagn\u00e9s d&#8217;un jus d&#8217;orange et d&#8217;un lait de soja. Puis, je rejoins mon bureau \u2013 essayant d&#8217;emprunter un nouveau chemin, dans l&#8217;espoir de trouver enfin le trajet qui n&#8217;exigera pas de moi un passe magn\u00e9tique. C&#8217;est un \u00e9chec cuisant, bien s\u00fbr, et je me perds de nouveau.<\/p>\n<p>Je ne suis employ\u00e9 qu&#8217;\u00e0 mi-temps, raison pour laquelle on me refuse le privil\u00e8ge du passe magn\u00e9tique. J&#8217;eus pu accepter l&#8217;offre initiale de Jim, le manager, qui me proposait de travailler pour YY \u00e0 plein temps ; j&#8217;y eus gagn\u00e9 un emploi stable, un salaire confortable, un visa de travail, et m\u00eame le tr\u00e8s convoit\u00e9 passe magn\u00e9tique. Mais d\u00e9cidant que j&#8217;avais autre chose \u00e0 faire de ma vie que de traduire des logiciels de comptabilit\u00e9, je pr\u00e9f\u00e9rai opter pour un emploi en t\u00e9l\u00e9travail apr\u00e8s la fin de cette premi\u00e8re semaine d\u2019entra\u00eenement.<\/p>\n<div><\/div>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> \u00c9tranger blanc.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Jeunes cols blancs.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Ce qui peut para\u00eetre un clich\u00e9, mais les experts chinois eux-m\u00eames le reconnaissent. Voir, par exemple, cet entretien avec le professeur Cheng Xiaonong (en chinois)\u00a0: <a href=\"http:\/\/my1510.cn\/article.php?id=79169\">http:\/\/my1510.cn\/article.php?id=79169<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mon r\u00e9veil sonne \u00e0 6h30. Aussit\u00f4t, je me projette hors du lit, m\u00fb par une sorte de sursaut animal ; je tr\u00e9buche, boitille, et m&#8217;emm\u00eale dans les gracieux rideaux de perles m\u00e9talliques entourant la couche. 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